Lecture sociologique du roman Les Choses de Georges Perec à partir de la théorie de l'inconscient politique

نویسندگان

1 Département de Français, Faculté des Langues et Littératures Etrangères, Université de Téhéran, Téhéran, Iran.

2 Département de Français, Faculté des Langues et Littératures Etrangères, Université de Téhéran, Téhéran, Iran.

doi
10.22129/plume.2025.508573.1326
چکیده

Cet article propose une lecture sociologique du roman Les Choses (1965) de Georges Perec en s’appuyant sur la théorie développée par Fredric Jameson dans L’inconscient politique. Après avoir rappelé la force critique de l’ouvrage de Perec, emblématique de l’essor de la société de consommation dans les années 1960, on expose ce texte sur les trois « horizons » élaborés par Jameson, comme cadre précis pour l’analyse littéraire. Le premier horizon envisage le roman comme un « acte symbolique », où l’obsession des personnages pour les objets et la publicité cherche à résoudre, de manière imaginaire, la contradiction entre leur soif de richesse et leur précarité. Le deuxième horizon l’aborde comme un « discours de classe », en montrant une nouvelle petite bourgeoisie avide de reconnaissance sociale, tout en demeurant fragile et incertaine de son statut. Enfin, le troisième horizon, dit de « l’idéologie de la forme », met en évidence la façon dont la structure narrative, l’héritage du réalisme et le langage quasi publicitaire se combinent pour refléter la coexistence de plusieurs modes de production. L’on essaie également de montrer comment, suivant la perspective adoptée, Les Choses dépasse la simple description d’une frénésie consumériste. La présente étude montre qu’en exposant les contradictions sociales et historiques qui alimentent le désir illimité de possession, le roman souligne aussi l’échec de toute quête purement matérielle.