Analyse comparative de la déconstruction des représentations féminines à travers Trois femmes puissantes et Le Rêve du Tibet, selon les idées de Derrida et de Butler
نویسندگان
1 PhD Candidate, French Department, University of Tehran, Tehran, Iran
2 Assistant Professor, Department of French Language and Literature, Faculty of Foreign Languages and Literature, University of Tehran, Tehran, Iran
doi
10.22108/relf.2025.147144.1286چکیده
Cette étude propose une lecture comparative des romans Trois femmes puissantes de Marie NDiaye et Le Rêve du Tibet de Fariba Vafi à la lumière de la déconstruction derridienne et de la théorie de la performativité du genre de Judith Butler. En nous appuyant sur les concepts de différance, de trace et d’écriture féminine, nous cherchons à montrer comment et à travers quels procédés stylistiques et narratifs, les deux écrivaines francophone et iranienne déconstruisent et dévalorisent les représentations stéréotypées et traditionnelles de la féminité et redéfinissent le rapport entre langage, corps et subjectivité dans leurs contextes culturels respectifs. Les résultats de notre étude prouvent que Chez NDiaye, la polyphonie narrative, la fragmentation temporelle et la structure en triptyque déstabilisent la linéarité patriarcale du récit et tentent de refléter la fluidité identitaire du féminin ; alors que Chez Vafi, le rêve, le silence, et la narration circulaire deviennent des espaces symboliques de résistance et d’émancipation, où la femme se réinvente à travers la mémoire, le retrait et la parole différée. L’étude montre que dans ces deux œuvres, la déconstruction n’est pas seulement un outil d’analyse textuelle, mais un geste esthétique et politique : elle transforme la vulnérabilité en puissance et le silence en langage. L’écriture féminine, comprise comme espace de différance, révèle ainsi la pluralité du sens et la mobilité du sujet féminin, tout en inscrivant la littérature des femmes dans une dynamique de subversion universelle et transnationale.