Auto-orientalisme et néo-orientalisme dans Passeport à l’iranienne de Nahal Tajadod : entre authenticité et reproduction des tropes orientalistes
نویسندگان
1 استادیار گروه زبان و ادبیات فرانسه دانشگاه تهران
2 دانشجوی دکترای ادبیات فرانسه، ،دانشگاه تهران،تهران ایران
doi
10.22054/rlf.2026.90096.1226چکیده
Cet article analyse le roman Passeport à l’iranienne (2009) de Nahal Tajadod à travers les cadres théoriques de l’orientalisme (Edward Saïd), du néo-orientalisme et de l’auto-orientalisme ( Melani McAlister). Il met en lumière la tension entre le regard « intérieur » de l’auteure, née en Iran, et son regard « extérieur » façonné par son expérience occidentale. L’étude démontre comment le récit, tout en se présentant comme une voix authentique, reproduit et valide des tropes orientalistes classiques. Trois axes structurent l’analyse : La logique binaire, opposant un Paris rationnel et ordonné à un Téhéran chaotique et dysfonctionnel. La citationalité, qui mobilise des stéréotypes préexistants tels que le ta’arof, la primauté des réseaux personnels sur la loi, ou la nostalgie d’une Perse idéalisée. La féminisation de l’Orient, où l’Iran est représenté comme un espace émotif et ritualisé, observé par une narratrice occidentalisée et distanciée. À travers cette lecture, l’article montre que le roman illustre un phénomène d’auto-orientalisme : une écriture qui, sous couvert d’authenticité, participe à la consolidation des cadres de représentation orientalistes, tout en révélant les ambiguïtés de la littérature diasporique post-11 septembre.